Collectif artistique Artmeta

Collectif ARTMETA

Anne JOLLY


Démarche artistique

Je pratique la photographie depuis une quinzaine d'années.

La nature morte en studio, réalisée à la chambre ou au moyen format argentiques, est mon mode d'expression privilégié, de la conception de la composition à la réalisation photographique.

La nature morte se décline de mille et une façons. J'aime celle qui consiste à réunir différents objets dans un assemblage esthétique et donner à des compositions éphémères un peu de l'éternité de la photographie, avant de tout anéantir.

Le plaisir qu'il y a à rechercher une harmonie, une tension ou une dynamique dans la création d'une composition et au moins égal à celui de créer un bel éclairage et un cadrage idoine en photographie.



Site personnel : Anne Jolly, photographies

Création 2009 : Regards croisés sur le bois

La réunion de ces objets tout ce qu'il y a de plus banals, faits de bois brut exclusivement, ramassés au gré de vagabondages, en des compositions satisfaisantes ne fut pas une mince affaire.

La nature est remarquablement composée, mais sortie de son contexte pour une nature morte, elle est à réinventer entièrement.

La liberté de cette approche est une chance ; sa complexité un labeur.

Trouvé les matériaux a encore été le plus simple dans cette aventure. Les bouts de bois accumulés correspondent pour beaucoup à des coups de coeur, pour des formes ou des textures.

Parfois, j'ai immédiatement su comment j'allais utiliser ces objets. Parfois cela a pris plus de temps ; il a fallu que l'idée germe puis murisse laborieusement ou il a fallu attendre de découvrir le ou les bouts de bois complémentaires qui permettraient de réaliser une composition.

Les mains sales, je rentrais de mes pérégrinations déçue ou enthousiaste, selon la nature de mes trouvailles. Combien de splendeurs aussi ai-je dû laisser sur place, faute de simplement pouvoir les emporter !

... suite

Ensuite, il faut patiemment se battre jusqu'à trouver une composition efficace... et maintenir tout en place sans que cela s'effondre au moindre coup de vent et sans que les subterfuges, tels que patafix, pinces et autres bouts de ficelles, ne soient visibles.

Commence alors un ballet incessant entre cette construction fragile, le viseur et les sources d'éclairage : un flash à positionner légèrement plus en retrait pour une lumière rasante, un réflecteur à déplacer de quelques millimètres dans un sens, puis dans un autre, un élément de la composition à décaler légèrement, un cadrage à réajuster, une mise au point à vérifier, un coefficient de prolongation de pose à calculer et à répercuter sur le flashmètre, un test, puis un second, et ainsi de suite, jusqu'à tout vérifier encore une fois. Il n'y a pas de secret, il faut s'acharner jusqu'à ce que tous ces éléments s'imbriquent parfaitement.

Alors enfin je déclenche, et provoque ce vacarme saisissant du GX680. La première fois, ce raffut m'a pétrifiée tant il m'a semblé impossible que l'appareil ne vibre pas et puisse produire une photo nette. Aujourd'hui, je fais totalement confiance à cette bête de studio et c'est de moi dont je doute.

J'ai voulu donner à ce bois mort un peu de l'éternité de la nature morte.

Série Bois mort, 2008-2009
Fuji GX680, 100 mm, film Fuji Velvia 50 iso